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Ma fille aînée, Cécile est née le 14 Avril 2003. Les 2 premiers mois ont été difficiles, elle pleurait beaucoup, puis après ça s'est arrangé. C'était un bébé adorable, nous avons été très fusionnelles.

J'avais 34 ans 1/2 à sa naissance. Nous voulions un 2ème enfant, c'était sûr, et peut-être même un 3ème. A notre âge, il fallait faire vite, on n'avait plus trop le temps. Alors peu de temps après le 1er anniversaire de Cécile fin juin 2004, nous avons à nouveau cessé toute contraception pour avoir un 2ème enfant.

Comme pour Cécile, je suis tout de suite tombée enceinte... J'ai fait un test de grossesse acheté en pharmacie, puis une prise de sang en labo le 27 Juillet 2004... positifs ! quelle joie ! C'était l'euphorie et j'étais déjà folle de ce bébé qui poussait en moi. Entre temps, nous avions visité une maison à acheter et jeté notre dévolu dessus... je commençais fébrilement à préparer notre déménagement. Il me fallait un nid magnifique pour mes 2 piou-piou...


13 Août 2004 : 1ère visite gynéco : la déclaration de grossesse.
J'ai donc vu mon gynéco le 13 août. Tout se passait bien. A la fin de la visite, il m'a remis 3 photos de l'échographie ou on voit déjà le tout petit être qui s'était implanté dans mon ventre... A nouveau, je portais la vie. A nouveau, j'avais l'impression d'être "un miracle sur pattes"... En quittant l'hôpital, je ne ne marchais pas : je volais !


8 Septembre 2004 : 2ème visite gynéco : le choc !

Rendez-vous pour une visite obligatoire, mais de routine, fut pris au 8 septembre. Je m'en souviens encore, c'était un mercredi. Mari Chéri avait son après-midi, nous avons déposé Cécile chez la nourrice et nous sommes allés, le coeur léger, "voir Numéro Bis à la télé". Rien, absolument rien, ne m'avait préparée... ne nous avait préparés, à ce qui allait suivre.

Le gynéco m'a fait la visite habituelle puis nous sommes passés à l'échographie. Lui, qui était habituellement bavard et taquin, et surtout, qui prenait bien le temps d'expliquer et de montrer à l'écran tout ce qu'il voyait, était anormalement silencieux... à plusieurs reprises, il a dit : "j'ai un problème, je n'arrive pas à entendre le coeur"... mais naïfs, nous pensions que l'appareil "déconnait"... et il a signalé un retard de croissance du foetus, retard de 2 semaines environ.

Je n'ai compris que plus tard qu'en réalité, il nous avait progressivement préparés à entendre l'inacceptable : Numéro Bis avait cessé de vivre depuis 2 semaines. Il m'a demandé si j'avais eu des douleurs, des saignements... mais non, rien de rien. C'est pour ça que c'était si dur, si inacceptable...

Là, tout s'est enchaîné très vite : il a fallu, d'abord, encaisser le choc. Etrangement, j'avais l'impression d'accepter, de ne rien ressentir, de prendre les choses avec recul et fatalisme. Il a fallu aussi, tout de suite, prendre une décision : attendre que mon corps expulse naturellement le fruit de notre amour, ou entrer à l'hôpital, très vite, pour y subir un curetage sous anesthésie générale. Je n'ai eu aucune hésitation : je haïssais mon corps, et surtout mon ventre, d'avoir été un cercueil sur pattes pendant 2 semaines à mon insu. Sale traître ! Donc, j'ai immédiatement opté pour le curetage.

9 Septembre 2004, 11h : rendez-vous avec l'anesthésiste.

Inoubliable. Un grand monsieur noir très costaud et surtout très gentil, qui m'a bien sûr expliqué le type d'anesthésie que j'allais subir, comment on me l'appliquerait, mais surtout, qui a été très compréhensif quand j'ai fondu en larmes et a fait de son mieux pour me consoler... des petites phrases toutes simples, toutes bêtes, mais si gentilles, si pleines d'un espoir que j'avais du mal à m'approprier... C'est avec le recul, longtemps après, que ces phrases m'ont aidée.

10 Septembre 2004 : l'hospitalisation.
Mari Chéri et Cécile m'ont accompagnée très tôt à l'hôpital, vers 6h 30, je crois. Ensuite, Mari Chéri a emmené Cécile chez la nounou et il est parti travailler. Malgré "notre" problème de santé, il n'avait pas pu prendre sa journée. On m'a dit de me doucher à la Bétadine, puis on est venu me préparer. Après, l'attente... Ensuite, on est venu me chercher pour m'emmener au bloc opératoire. J'ai eu mal quand on m'a installé la perf... d'ailleurs, j'ai eu un bleu immense (8 cm de long !) pendant 3 semaines... je n'avais pas besoin de ce "souvenir" ! Je crois me rappeler qu'il n'y avait que des hommes autour de moi... et qu'ils n'en avaient pas grand-chose à faire de ce qui m'arrivait, de ce que je ressentais. Je n'ai même pas vu arriver mon gynéco, j'étais déjà "partie"...

Ensuite, le trou noir... je suis revenue à moi dans la chambre "de réveil"... Là encore, je n'ai pas vu mon gynéco. Forcément, il avait fait son travail et était reparti s'occuper d'une autre patiente...

J'ai essayé d'être forte, mais je n'arrêtais pas de dire "au revoir" mentalement à mon bébé... et bien sûr, j'ai pleuré, pleuré silencieusement. Une infirmière est venue me demander si j'avais mal, non... enfin, si, mais pas physiquement. Je lui ai dit pourquoi j'étais là ; comme l'anesthésiste la veille, elle m'a dit des choses gentilles pour me réconforter. Je lui en étais reconnaissante, mais ça ne marchait pas : j'avais en moi un vide immense, un trou béant au moins 5x plus gros que moi... un gouffre de tristesse, un abîme de désespoir... la honte de n'avoir pas pu protéger mon bébé et l'amener jusqu'aux rivages de la Vie. Comme si c'était de ma faute !

Ensuite, on m'a remmenée dans la chambre. Le gynéco m'avait dit que, suite à l'anesthésie, je risquais de dormir beaucoup... si seulement il avait pu avoir raison ! Pas moyen de dormir ! j'avais bien pensé à apporter des magazines mais je n'arrivais pas à me concentrer sur ce que je lisais... mon esprit partait sans cesse rejoindre mon bébé. De plus, au cours de la matinée, j'ai commencé à avoir mal au ventre. J'ai eu mon petit déjeuner assez tard, je mourais de faim. Je m'en voulais de penser à manger... pourtant, j'ai tout dévoré, mais en culpabilisant.

L'après-midi, je m'ennuyais ferme. Heureusement, j'avais apporté de quoi m'occuper les mains : un petit peignoir tout simple acheté pour Cécile, auquel j'ai fait une bordure au crochet d'après un modèle de magazine. Suivre les explications du modèle nécessitait une sacrée concentration. Cela m'a aidée à penser enfin à autre chose.

Vers 16h, mon amie Véronique est venue... je n 'en revenais pas : maman de 3 enfants, elle avait réussi à se débrouiller pour faire garder son petit dernier, aller faire chercher son "moyen" à l'école pour pouvoir venir me voir et me tenir compagnie. Elle m'a prise dans ses bras, m'a laissée pleurer tout mon saoûl... comme je le fais encore souvent, presque 5 ans plus tard... comme je le fais encore aujourd'hui en rédigeant cette page. C'est bête, mais ça soulage.

Et puis, le gynéco m'a dit que je pouvais repartir... Mari Chéri devait rester encore 1h à son travail. Je n'ai pas voulu passer une heure de plus à l'hôpital. Ce que j'avais le plus de mal à supporter, c'est que, bien sûr, j'étais dans une chambre de la maternité. Je venais de  perdre mon espoir de bébé, et j'entendais des nouveaux-nés pleurer autour de moi.

Donc, je suis repartie toute seule comme une grande, à pied (pas le droit de conduire le jour de l'anesthésie générale) jusque chez la nourrice... Normalement, ce trajet-là (environ 15 min en marchant d'un pas vif), ne me posait pas de problème... mais là, j'ai regretté ma témérité : ce trajet m'a paru plus long que d'habitude. La nourrice m'a accueillie gentiment, m'a offert à boire, m'a fait la conversation, en attendant que Mari Chéri vienne chercher Cécile (c'était prévu) et sa femme (il ne le savait pas).

Et nous sommes repartis chez nous à 3, alors que 2 jours plus tôt, nous nous considérions comme "3 1/2"...  Le coeur et le ventre désespérement vides.
Ma seule consolation : avoir Mari Chéri et ma puce à mes côtés.

Les jours suivants sont une autre histoire, que je vous raconterai dans une 2ème page. Celle-ci a sûrement été assez longue à lire pour vous (si tant est que vous ayez réussi à la lire jusqu'au bout) et a été assez éprouvante pour moi, sur le plan émotionnel.

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  • Je m'appelle Corinne. Je suis mariée, j'ai 2 enfants que j'adore et entre mes loisirs créatifs,  ma famille, mon job et ma maison, il me faudrait des journées de 200 heures !
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